Parents sur la terre comme au ciel

Un témoignage de Carole

Pas facile d’accepter nos parents comme ils sont, de ne pas leur reprocher ce qu’ils n’ont pas su nous donner, malgré toutes leurs bonnes intentions. Carole raconte comment elle pu accéder à une relation détachée et apaisée avec les siens.

Je suis née d’une mère à la fois possessive et jalouse, l’aînée de ses quatre enfants. Cet amour possessif a été une véritable toile d’araignée tissée autour de moi dont, bien sûr, je n’avais pas conscience dans mon adolescence. Elle voulait tout gérer de ma vie, tout contrôler. Tout ce que j’entreprenais pour prendre mon envol était critiqué. Par exemple aucun de mes petits amis n’était jamais à la hauteur pour elle ! J’étais malheureuse et « engluée » dans une prison que je ne pouvais définir.  C’était d’autant plus difficile à identifier que ma mère avait une apparence très sympa, jeune, ouverte, sportive, elle semblait être la mère idéale. J’ai vécu pendant vingt ans dans la certitude que ma famille était presque parfaite… Plus tard seulement j’ai réalisé combien ces apparences étaient trompeuses, illusoires.

Schéma de survie

Mon père était un homme d’affaires respecté et apprécié dans sa vie professionnelle mais absent dans son rôle paternel. Il était difficile d’entrer en communication avec lui d’abord parce que son éducation ne l’y autorisait pas, ensuite parce que notre mère « ajoutait sa sauce » en nous coupant inconsciemment de lui : « Votre père est fatigué, il a trop de travail, ne le dérangez pas… » Il n’avait donc aucun geste de tendresse à mon égard, ni à l’égard de mes frères et sœurs, et jamais ne s’opposait à notre mère, pourtant trop envahissante. Je ressentais cela comme une immense lâcheté ; j’ai fini par le mépriser car, à mes yeux, il fuyait sa responsabilité de chef de famille, garant de l’équilibre. Pour survivre à cette déception profonde, j’ai développé un tempérament assez entreprenant, guidée par l’idée de quitter le foyer de mes parents et tenter d’exister par moi-même.

C’est grâce au travail de remise en question accompli à Invitation à la Vie que j’ai pris conscience des mécanismes de ma souffrance, je l’ai regardée en face et transformée petit à petit. J’ai pu mettre des mots sur mon mal-être et réaliser qu’en fait dans ma famille tout avait l’apparence de l’amour mais n’était pas de l’amour ! L’amour possessif est une prison qui induit une relation pervertie aux autres puisque sans liberté. J’ai souffert de cette prise de conscience mais IVI m’a offert les moyens pour que cette situation évolue positivement.

L’amour de Dieu ne nous déçoit jamais

La prière est un « téléphone quotidien » avec Dieu. Les prières du Notre Père et du Je vous salue Marie m’ont fait ressentir profondément la présence bienveillante et l’amour inconditionnel de ce Père du Ciel et de cette Mère du Ciel. Cet amour reçu m’a permis de me libérer de l’emprise de mes parents et de les aimer comme ils sont, sans chercher à les transformer. Ce fut un long apprentissage ! Ayant été tellement déçue par eux, pourtant pleins de bonnes intentions, j’ai eu beaucoup de difficultés à mettre toute ma confiance en Dieu. Mais les plaies affectives se sont transformées doucement. La notion de pardon s’est installée : j’ai pris conscience que les manques et manipulations de mes parents étaient le fruit des manques de leur propre enfance et de leurs souffrances. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas reçu. J’ai appris à ne plus rien attendre d’eux. Et c’est lorsqu’on n’attend plus rien que l’on reçoit. Maintenant j’ai une relation apaisée avec eux. Me sentant libre et détachée du passé, je n’appréhende plus les vacances avec mes parents, mes frères et sœurs et leurs conjoints dans notre maison de famille. Pendant ces moments partagés, j’essaie maintenant de mettre de la paix, de l’humour,  de la joie.

Ne pas reproduire avec mes enfants ce que j’ai vécu

Nourrie et rendue libre par cet amour divin, j’ai réalisé que ma relation avec mes propres enfants se transformait d’elle-même et que cessait la transmission inconsciente du passif hérité de mes parents. Ainsi en puisant par la prière à la Source du véritable amour qui nous permet de combler nos failles, ou alors de les accepter sans culpabilité, je crois qu’il est possible de guérir cette blessure de manque d’amour insupportable pour l’enfant et l’homme ou la femme qu’il devient, et qui se perpétue de génération en génération.

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